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	<title>Réseau Enfance Afrique</title>
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	<description>Connaître · Protéger · Agir — Pour chaque enfant en Afrique de l&#039;Ouest</description>
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		<title>Lutte contre la mendicité au Mali : derrière la rue, six parcours d&#8217;enfants à cartographier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Drahmane Fondo]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2026 15:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques de terrain]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lutte contre la mendicité au Mali : derrière la rue, six parcours d&#8217;enfants à cartographierThe Conversation Afrique, octobre 2026 Une enquête ethnographique menée de 2017 à 2025 montre que des enfants réunis sur un même trottoir n&#8217;y sont pas arrivés de la même manière : six parcours, dix pistes pour accompagner la Stratégie nationale de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Lutte contre la mendicité au Mali : derrière la rue, six parcours d&rsquo;enfants à cartographier<br>The Conversation Afrique, octobre 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une enquête ethnographique menée de 2017 à 2025 montre que des enfants réunis sur un même trottoir n&rsquo;y sont pas arrivés de la même manière : six parcours, dix pistes pour accompagner la Stratégie nationale de lutte contre la mendicité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article a été initialement publié sur The Conversation Afrique sous licence Creative Commons. Lire l&rsquo;article original.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire l&rsquo;article →<br><a href="https://theconversation.com/lutte-contre-la-mendicite-au-mali-derriere-la-rue-six-parcours-denfants-a-cartographier-293130">https://theconversation.com/lutte-contre-la-mendicite-au-mali-derriere-la-rue-six-parcours-denfants-a-cartographier-293130</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">📄 <a href="https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/10/Lutte-contre-la-mendicite-au-Mali-_-der.six-parcours-d_enfants-a-cartographier.pdf">Télécharger l&rsquo;article complet en PDF</a> (mise en page originale, The Conversation Afrique)</p>



<figure class="wp-block-image alignfull size-full"><img width="1023" height="774"  alt="" class="wp-image-2240" style="aspect-ratio:1.3217692974848223"/ loading="eager" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/10/Photo_Enfants_talibes_Bamako_2020_visages_floutes.png" srcset="https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/10/Photo_Enfants_talibes_Bamako_2020_visages_floutes.png 1023w, https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/10/Photo_Enfants_talibes_Bamako_2020_visages_floutes-980x741.png 980w, https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/10/Photo_Enfants_talibes_Bamako_2020_visages_floutes-480x363.png 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1023px, 100vw" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">                     Enfants talibés à la recherche de nourriture aux abords de la circulation de Bamako, 2020. Photo : Drahmane Fondo.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Protéger les enfants en mobilité au Mali : l&#8217;angle mort des dispositifs actuels</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Drahmane Fondo]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2026 17:57:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques de terrain]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article a été initialement publié sur The Conversation France sous licence Creative Commons. Lire l&#8217;article original. https://theconversation.com/proteger-les-enfants-en-mobilite-au-mali-langle-mort-des-dispositifs-actuels-289937 📄 Télécharger l&#8217;article complet en PDF (mise en page originale, The Conversation France) Published: August 25, 2026 4.26pm SAST Dans le village de Woromana (région de Ségou, centre du Mali), l’histoire de la petite Mariam est connue [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://enfanceafrique.org/proteger-les-enfants-en-mobilite-au-mali-langle-mort-des-dispositifs-actuels/">Protéger les enfants en mobilité au Mali : l&rsquo;angle mort des dispositifs actuels</a> appeared first on <a href="https://enfanceafrique.org">Réseau Enfance Afrique</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Cet article a été initialement publié sur The Conversation France sous licence Creative Commons. Lire l&rsquo;article original.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://theconversation.com/proteger-les-enfants-en-mobilite-au-mali-langle-mort-des-dispositifs-actuels-289937">https://theconversation.com/proteger-les-enfants-en-mobilite-au-mali-langle-mort-des-dispositifs-actuels-289937</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/08/Proteger-les-enfants-en-mobilite-au-Mali-_-langle-mort-des-dispositifs-actuels.pdf">📄 Télécharger l&rsquo;article complet en PDF (mise en page originale, The Conversation France)</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Published: August 25, 2026 4.26pm SAST</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Au Mali, il est relativement fréquent que des enfants ayant grandi dans des villages soient envoyés dans les grandes villes, confiés aux bons soins d’adultes plus ou moins proches de leurs parents.</strong></li>



<li><strong>Ces enfants ne sont pas toujours bien traités et, quand ils travaillent, leurs revenus sont souvent partiellement ou totalement confisqués par les personnes d’accueil.</strong></li>



<li><strong>Bien que cette réalité soit connue de toutes les parties prenantes – familles, ONG ou autorités publiques—, la réponse collective n’est pas à la hauteur. Des pistes d’amélioration existent pourtant.</strong></li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le village de Woromana (région de Ségou, centre du Mali), l’histoire de la petite Mariam est connue de tous. Confiée à Bamako à un proche parent, elle est tombée gravement malade, jusqu’à «&nbsp;perdre la raison&nbsp;», selon les termes mêmes des habitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses parents, informés des mauvaises conditions de vie dans sa famille d’accueil, en ont parlé (et l’information a circulé dans tout le village, puis au-delà) jusque dans les villages environnants. Cette scène, recueillie lors d’une enquête menée à Ségou dans le cadre de mes travaux de doctorat, illustre un mécanisme largement ignoré des dispositifs actuels de protection de l’enfance en Afrique de l’Ouest.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un système d’alerte informel, mais bien réel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon&nbsp;<a href="https://hal.science/hal-05444288v1/document">enquête ethnographique</a>&nbsp;–&nbsp;dont les résultats complets sont présentés dans ma&nbsp;<a href="https://theses.fr/s314444">thèse de doctorat</a>&nbsp;– menée entre 2017 et 2025 à Bamako et dans plusieurs villages de la région de Ségou met en évidence l’existence d’un mécanisme d’alerte communautaire spontané.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la majorité des enfants confiés en circuit urbain conservent un contact avec leur famille d’origine, certaines catégories restent structurellement plus exposées à une rupture totale de ce lien&nbsp;: les enfants «&nbsp;talibés&nbsp;» confiés à un maître coranique, les filles employées comme aide domestique, parfois par des intermédiaires sans lien de parenté, et les enfants ayant fui et rejoint la rue à la suite d’un confiage marqué par la maltraitance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’un enfant confié à une famille d’accueil urbaine subit de mauvais traitements, l’information remonte au village par l’intermédiaire d’autres enfants, de tuteurs ou de proches et se diffuse rapidement de bouche à oreille jusqu’aux limites du village et parfois des villages voisins. Ce récit collectif devient alors, pour des parents souvent démunis face à la situation de leur enfant, une forme de parole libérée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mécanisme communautaire se double, en milieu urbain, d’un second dispositif informel&nbsp;: la diffusion du téléphone portable, qui a rendu possible un contact désormais rarement rompu entre l’enfant confié et ses parents d’origine. Les appels réguliers permettent de mettre en œuvre une forme de surveillance à distance qui n’existait pas il y a une génération. Ces deux mécanismes –&nbsp;le récit villageois par effet boule de neige et le contact téléphonique&nbsp;– se combinent parfois directement à travers une alerte donnée par un village voisin, ou un appel resté sans réponse rassurante, qui déclenche l’intervention d’une famille d’origine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le retour des enfants au village, lorsqu’il survient, n’est cependant pas non plus une simple fin heureuse. Les familles observent fréquemment un changement de comportement chez l’enfant de retour, dont le mode de vie urbain entre parfois en tension avec les réalités villageoises. Certains garçons adoptent des habitudes nouvelles pour leur communauté d’origine, allant jusqu’à des formes de délinquance rarement observées avant leur départ. C’est un signe que ce second point de rupture, largement sous-documenté, mérite une attention comparable à celle portée au départ initial de l’enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un maillon fragile&nbsp;: quand les intermédiaires deviennent un&nbsp;risque</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce système d’alerte communautaire, aussi précieux soit-il, ne doit cependant pas être idéalisé. Mon enquête de terrain révèle qu’il reste souvent inefficace, en particulier lorsque les enfants transitent par des intermédiaires sans lien de parenté réel avec eux, par exemple des femmes originaires du village, installées à Bamako, qui hébergent temporairement des filles avant leur placement comme aide domestique dans une famille urbaine. Plusieurs cas documentés montrent que ces intermédiaires prélèvent une partie du salaire de l’enfant ou perçoivent une commission sur son placement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les intermédiaires ne sont cependant pas les seuls acteurs de cette captation. Mon enquête documente également des cas où les familles employeuses elles-mêmes détournent, partiellement ou totalement, le salaire dû à l’enfant au moment où celui-ci doit être versé, souvent après plusieurs mois d’accumulation. Ce détournement s’accompagne parfois d’accusations fabriquées de vol, permettant à la famille employeuse de renvoyer l’enfant sans jamais lui régler la somme due. Ce mécanisme se répète d’autant plus facilement que ces enfants, une fois ainsi dépossédés, ne disposent d’aucun recours identifiable pour faire valoir leurs droits. Cette absence de circuit de réclamation interroge directement l’effectivité de la protection légale des mineurs travailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On observe aujourd’hui, à Bamako et dans d’autres grandes villes, l’émergence de véritables réseaux informels de placement, où des femmes proposent des services d’aide domestique en captant une partie de la rémunération des enfants placées, sans le moindre contrat écrit ni supervision des services publics compétents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence de tout circuit permettant à ces enfants de faire valoir leurs droits en cas d’abus constitue une lacune majeure qui se distincte des deux mécanismes de protection informels décrits plus haut. Ni le réseau villageois ni le suivi téléphonique ne peuvent agir efficacement lorsque l’exploitation provient de l’intermédiaire de confiance lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Traiter les symptômes, rarement les causes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mécanismes informels de protection et leurs limites demeurent largement absents des dispositifs institutionnels actuels. Malgré un cadre légal complet (conventions internationales ratifiées, législation nationale, interventions de nombreuses organisations non gouvernementales), le nombre d’enfants en situation de rue continue de croître de façon significative au Mali. Les données statistiques officielles restent marginales sur le sujet et les rares études disponibles proviennent presque exclusivement de rapports d’activités produits par les organisations elles-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://hal.science/hal-05421308v1/document">Mes travaux</a>&nbsp;montrent que la plupart des organisations non gouvernementales interviennent pour porter assistance aux enfants déjà en situation de précarité dans la rue, sans pouvoir agir sur l’origine de leurs souffrances. Une origine que mes recherches attribuent, pour une part importante, aux nouvelles pratiques de confiage qui se sont éloignées de leur fonction protectrice traditionnelle. Autrement dit, les dispositifs actuels traitent presque exclusivement le symptôme final, quand les mères de Woromana et d’ailleurs identifient déjà, au quotidien, l’origine réelle du problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit malien encadre pourtant plusieurs aspects de cette question. La&nbsp;<a href="https://dg-enseignementsup.ml/wp-content/uploads/2022/01/Loi-N%C2%B099-046.pdf">loi d’orientation sur l’éducation n° 99-046 du 28&nbsp;décembre 1999, modifiée par la loi n°2022-010 du 3&nbsp;juin 2022</a>, rend la scolarité obligatoire et gratuite pour tout enfant à partir de 6&nbsp;ans, pour un cycle de 9&nbsp;ans menant au diplôme d’études fondamentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Code pénal malien, entré en vigueur le 13&nbsp;décembre 2024 (loi n°2024-027),&nbsp;<a href="https://faolex.fao.org/docs/pdf/mli233185.pdf">sanctionne par ailleurs l’incitation d’un mineur à la mendicité</a>&nbsp;(article&nbsp;242-91), une disposition documentée dans des travaux de recherche menés à Bamako et Ségou. Dans la pratique, l’application de ces textes demeure inégale et un grand nombre d’enfants placés en apprentissage précoce échappent de fait à l’obligation scolaire, sans que cet écart entre le droit et la pratique ne fasse l’objet d’un suivi systématique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question se pose également à l’échelle institutionnelle. Les écoles coraniques, non reconnues dans le système éducatif formel malien, se trouvent en dehors du périmètre d’intervention défini pour les organisations non gouvernementales. Un échange avec le bureau de l’Unicef à Bamako a permis de confirmer que toute intervention structurée auprès des enfants qui y sont confiés reste conditionnée à une clarification de ce statut, actuellement non tranchée. Une situation qui laisse des milliers d’enfants hors de portée de tout accompagnement, alors même que le mécanisme d’alerte villageoise décrit plus haut pourrait, s’il était reconnu et soutenu, contribuer à documenter précisément l’ampleur de ces situations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce que les bailleurs peuvent changer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois orientations concrètes se dégagent de ce constat pour les bailleurs et les organisations engagées sur ces questions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, investir davantage dans la recherche ethnographique préalable, permettant d’identifier l’origine desproblèmes avant d’en traiter uniquement les symptômes. Cette étape est aujourd’hui très peu valorisée dans le cycle de financement classique. Ensuite, exiger l’implication sincère de l’ensemble des acteurs concernés à chaque niveau de décision, y compris les familles elles-mêmes et les autorités traditionnelles, dont la connaissance fine des dynamiques communautaires reste largement sous-exploitée. Enfin, privilégier l’observation directe des réalités de terrain comme mécanisme d’évaluation prioritaire, plutôt que des rapports produits à distance des situations qu’ils prétendent documenter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un dernier constat mérite d’être posé sans détour&nbsp;: l’existence de textes de loi ne suffit pas à elle seule. Sans un accompagnement soutenu de leur application effective, associant État, société civile et recherche de terrain, les dispositions déjà inscrites dans le droit malien et les conventions internationales resteront, pour beaucoup d’enfants concernés par cette mobilité, une protection qui existe sur le papier davantage que dans leur quotidien.</p>
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		<title>Enfants de la rue en Afrique de l&#8217;Ouest : ce que révèlent huit années de terrain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Drahmane Fondo]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Aug 2026 15:12:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques de terrain]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article a été initialement publié sur The Conversation Afrique sous licence Creative Commons. Lire l&#8217;article original. 📄 Télécharger l&#8217;article complet en PDF (mise en page originale, The Conversation Africa) L&#8217;expression “enfants de la rue” cache une réalité plus complexe qu&#8217;il n&#8217;y paraît. À l&#8217;origine de ce phénomène, se trouve un système de solidarité qui [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img width="1000" height="1024"  alt="" class="wp-image-1757" style="aspect-ratio:0.9765648175615544;width:762px;height:auto"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/08/Image-2-recadree-1-1000x1024.jpg" srcset="https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/08/Image-2-recadree-1-980x1004.jpg 980w, https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/08/Image-2-recadree-1-480x492.jpg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1000px, 100vw" /><figcaption class="wp-element-caption">Des enfants en situation de mendicité aux abords de la circulation routière à Bamako, Mali.&nbsp;Drahmane Fondo,&nbsp;Fourni par l&rsquo;auteur</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article a été initialement publié sur The Conversation Afrique sous licence Creative Commons. <a href="https://theconversation.com/confiage-et-enfants-de-la-rue-en-afrique-de-louest-ce-que-revelent-huit-annees-de-terrain-288949" data-type="link" data-id="https://theconversation.com/confiage-et-enfants-de-la-rue-en-afrique-de-louest-ce-que-revelent-huit-annees-de-terrain-288949">Lire l&rsquo;article original.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/08/Enfants-de-la-rue-en-Afrique-de-l_Ouest-_-ce-que-revelent-huit-annees-de-terrain.pdf">📄 Télécharger l&rsquo;article complet en PDF (mise en page originale, The Conversation Africa)</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;expression “enfants de la rue” cache une réalité plus complexe qu&rsquo;il n&rsquo;y paraît. À l&rsquo;origine de ce phénomène, se trouve un système de solidarité qui s&rsquo;est transformé sous l&rsquo;effet de l&rsquo;urbanisation, de la pauvreté et de la marchandisation des relations sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans beaucoup de pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, comme au Mali, certains y passent la journée avant de retourner chez eux. D&rsquo;autres ont été confiés à des proches en ville et se retrouvent progressivement exposés à l&rsquo;exploitation, à la rupture avec leur famille ou à la mendicité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant qu&rsquo;ethnologue, j&rsquo;ai mené&nbsp;<a href="https://theses.fr/s314444">une étude de terrain</a>&nbsp;dans les rues de Bamako entre 2017 et 2025. J&rsquo;ai&nbsp;<a href="https://hal.science/hal-05195055">combiné desentretiens semi-directifs</a>&nbsp;&#8211; de jour comme de nuit, en maraude &#8211; avec les enfants rencontrés, et une observation participante prolongée. C&rsquo;est cette combinaison, notamment le travail nocturne, qui m&rsquo;a permis de comprendre cette réalité complexe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe en réalité plusieurs catégories d&rsquo;enfants qui se croisent dans le même espace, sans que la frontière entre elles soit toujours visible au premier regard.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les catégories d&rsquo;enfants dans la rue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès 1985, le Forum de Grand-Bassam, organisé en Côte d&rsquo;Ivoire par le Bureau international catholique de l&rsquo;enfance (Bice) et l&rsquo;Unicef, avait déjà tenté de&nbsp;<a href="https://shs.cairn.info/enfants-des-rues-d-afrique-centrale--9782845865730-page-13">clarifier les choses</a>&nbsp;en distinguant les « enfants&nbsp;<em>dans</em>&nbsp;la rue » (qui y passent la journée avant de regagner un foyer le soir) des « enfants&nbsp;<em>de</em>&nbsp;la rue », en rupture totale avec toute famille, qui y vivent et y dorment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette distinction reste juste, mais elle demeure difficile à observer dans la journée. Les filles, par exemple, investissent elles aussi l’espace public (vente de rafraîchissements, de fruits, de petite restauration ambulante) avant d’en disparaître à la tombée de la nuit. Les garçons, eux, se répartissent alors entre ceux qui rentrent chez eux et ceux qui restent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ce phénomène, il faut remonter à sa source : la pratique traditionnelle appelée confiage, répandue dans de nombreuses sociétés d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Un enfant n’y appartient pas seulement à ses parents biologiques, mais à toute une parenté élargie. Celle-ci peut légitimement décider de le confier à un autre membre de la famille, souvent en ville, pour lui offrir une meilleure éducation, un apprentissage artisanal ou simplement un avenir que le village ne peut plus lui garantir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La logique quasi-marchande s&rsquo;impose</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette pratique, autrefois fondée sur un principe de réciprocité et de solidarité au sein des familles, est aujourd&rsquo;hui profondément mise à l&rsquo;épreuve par l&rsquo;urbanisation et la monétarisation des rapports sociaux. Et c&rsquo;est peut-être le résultat le plus important de mes enquêtes de terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à l&rsquo;idée d&rsquo;une dégradation progressive, provoquée par un choc ultérieur (un décès, un remariage, une difficulté économique), la rupture est souvent présente dans le confiage lui-même, dès l&rsquo;arrivée de l&rsquo;enfant chez ses hôtes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette observation rejoint les travaux de&nbsp;<a href="https://journals.openedition.org/sdt/7485">l&rsquo;anthropologue Mélanie Jacquemin</a>, qui a montré, en Côte d&rsquo;Ivoire, que les familles villageoises elles-mêmes hésitent désormais à confier leurs filles, faute d&rsquo;être assurées d&rsquo;une quelconque réciprocité en retour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De leur côté, de nombreuses familles urbaines préfèrent aujourd&rsquo;hui embaucher une aide domestique salariée plutôt que d&rsquo;accueillir une nièce ou une petite-cousine du village. La relation de travail y est jugée plus simple, sans les obligations affectives et sociales qu&rsquo;implique un lien de parenté. Le confiage traditionnel se trouve ainsi concurrencé par une logique quasi marchande, dès l&rsquo;origine du placement &#8211; et non plus seulement dans ses dérives ultérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Risque de rupture</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce basculement n&rsquo;est pas propre au Mali. Au Sénégal, la mendicité des enfants talibés, confiés à des maîtres coraniques, s&rsquo;est intensifiée depuis l&rsquo;exode massif de nombreux maîtres coraniques vers les villes, dans les années 1970, à la suite d&rsquo;une grande sécheresse. Kadessa Arissabe Sané, qui a consacré sa&nbsp;<a href="https://theses.fr/2017PESC0085">thèse de doctorat</a>&nbsp;à ce phénomène en 2017, montre que cette mendicité s&rsquo;est muée en un véritable ordre social, entretenu paradoxalement par une population qui continue d&rsquo;y voir un acte d&rsquo;aumône religieusement valorisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Bénin et au Togo, un phénomène comparable existe sous le nom de&nbsp;<em>vidomégon</em>&nbsp;(littéralement « enfant placé ») avec les mêmes dérives d&rsquo;exploitation domestique lorsque la pratique échappe à tout cadre protecteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enfants qui basculent véritablement dans la rue, en rupture totale, restent exposés à des dangers considérables : accidents de la circulation, maladies non soignées, parfois la mort, sans qu&rsquo;il soit toujours possible d&rsquo;identifier leurs proches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, il serait faux de croire que la majorité des enfants circulant traditionnellement entre les familles soient dans cette situation extrême. La plupart conservent un foyer où rentrer, même lorsque leurs journées se passent dans la rue. Ce constat n&rsquo;échappe pas aux législateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la plupart de ces pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, des textes de loi existent bel et bien pour sanctionner les dérives de la solidarité traditionnelle par le confiage. Au Mali, par exemple, la mendicité et son incitation sont interdites par la loi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des sanctions inefficaces</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l&rsquo;écart entre le droit et son application reste considérable. Faute de sanctions effectives, ces dispositions peinent à produire les effets escomptés. Le phénomène des enfants et familles qui mendient dans les rues s&rsquo;est ainsi banalisé, devenant un phénomène de société aussi répandu que les législations censées l&rsquo;encadrer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien de durable ne pourra cependant être construit sans l’implication résolue des autorités et de l’État, à tous les échelons de la hiérarchie administrative. Cette mobilisation doit être conjuguée à l’action constante de la société civile -organisations non gouvernementales et associations locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle doit également s’appuyer sur l’apport de réseaux universitaires produisant, à partir de leurs propres enquêtes de terrain, des connaissances scientifiques directement mobilisables sur la protection de l’enfance, la médiation communautaire et la sécurité nutritionnelle. Le&nbsp;<a href="https://enfanceafrique.org/">Réseau Enfance Afrique</a>&nbsp;en est un exemple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément cette nuance qui ouvre la voie à des réponses plus finement adaptées aux réalités du terrain, capables de cibler les moments réels de bascule plutôt que de traiter cette population de manière uniforme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut comprendre une société avant de vouloir la transformer. C&rsquo;est une évidence trop souvent oubliée des politiques de protection de l&rsquo;enfance. C&rsquo;est pourtant la seule voie vers des solutions qui durent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Que peut-on faire ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux leviers concrets se dégagent de ce constat. D&rsquo;une part, il faut différencier l&rsquo;accompagnement selon la nature du placement et selon le degré de rupture déjà installé. La majorité des enfants, dont les liens familiaux demeurent actifs, nécessite un accompagnement préventif visant à préserver ces liens plutôt qu’une réponse limitée à la crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les placements par intermédiaires sans lien familial, eux, s&rsquo;apparentent déjà, dans les faits, à une forme de travail informel appelant un cadre juridique dédié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autre part, il faut resserrer l&rsquo;écart entre le droit et son application suppose une coordination encore largement absente aujourd&rsquo;hui entre l&rsquo;État, la société civile et les réseaux de recherche de terrain. Cette combinaison est la seule susceptible de documenter, avec la précision qu&rsquo;exige ce sujet, les situations qui basculent réellement dans le danger.</p>
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		<title>Le confiage d&#8217;enfants en Afrique de l&#8217;Ouest : une pratique traditionnelle à l&#8217;épreuve de la modernité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Drahmane Fondo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Aug 2026 11:50:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques de terrain]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a huit ans, j&#8217;ai commencé à passer mes journées — et bien souvent mes nuits, en maraude — dans les rues de Bamako, à observer, à écouter, à essayer de comprendre. C&#8217;est précisément ce travail nocturne qui m&#8217;a permis de distinguer les différentes catégories d&#8217;enfants qui peuplent la rue : ceux qui y [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il y a huit ans, j&rsquo;ai commencé à passer mes journées — et bien souvent mes nuits, en maraude — dans les rues de Bamako, à observer, à écouter, à essayer de comprendre. C&rsquo;est précisément ce travail nocturne qui m&rsquo;a permis de distinguer les différentes catégories d&rsquo;enfants qui peuplent la rue : ceux qui y passent la journée avant de rentrer chez eux, et ceux qui n&rsquo;y retournent jamais. Pas en tant qu&rsquo;humanitaire venu porter secours, mais en tant qu&rsquo;ethnologue venu apprendre. Cette enquête est devenue ma thèse de doctorat. Elle est aujourd&rsquo;hui devenue un réseau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sociétés ouest-africaines traversent une mutation profonde et accélérée. Urbanisation rapide, monétarisation des rapports sociaux, individualisme économique croissant : ces transformations bouleversent, en l&rsquo;espace de quelques décennies, des équilibres coutumiers qui structuraient la vie communautaire depuis des générations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le confiage traditionnel d&rsquo;enfants — cette pratique ancestrale de circulation des enfants entre membres de la parenté, à des fins d&rsquo;éducation et de solidarité familiale — illustre avec une acuité particulière cette transformation. Ce n&rsquo;est pourtant qu&rsquo;une des nombreuses manifestations d&rsquo;un phénomène plus vaste : celui de mécanismes coutumiers de régulation sociale mis à l&rsquo;épreuve par un monde qui change plus vite qu&rsquo;eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux résultats de mes enquêtes de terrain m&rsquo;ont particulièrement marqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;abord, une réalité plus nuancée que je ne l&rsquo;avais d&rsquo;abord formulée. Les filles investissent elles aussi l&rsquo;espace public en journée — vente de rafraîchissements, de fruits, de petite restauration ambulante — mais elles en disparaissent à la tombée de la nuit, laissant alors la rue aux seuls garçons. Et parmi ces garçons, tous ne partagent pas le même sort : certains rentrent chez eux le soir venu, d&rsquo;autres restent, vivent et dorment dans la rue. Ce sont précisément ces derniers qui constituent, pour la plupart, les véritables enfants de la rue — souvent issus d&rsquo;une situation de confiage traditionnel détournée de son sens protecteur initial : le talibé confié à un maître coranique, ou l&rsquo;enfant placé dans une famille qui l&rsquo;exploite aux travaux domestiques jusqu&rsquo;à la fugue, en réaction à la maltraitance subie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, un second résultat qui nuance une idée reçue tenace : celle d&rsquo;une dégradation qui surviendrait progressivement, après coup, à la faveur d&rsquo;un choc précis — un décès, un remariage, une difficulté économique dans le foyer d&rsquo;accueil. Ces moments de bascule existent bel et bien, et mes enquêtes permettent de les isoler avec précision. Mais dans bien des cas, la dégradation ne survient pas après le confiage : elle est présente dans le confiage lui-même, dès l&rsquo;arrivée de l&rsquo;enfant. Une tradition pensée pour répondre à une logique de solidarité familiale se retrouve aujourd&rsquo;hui, dans le contexte des grandes villes africaines, mobilisée selon des logiques de convenance qui ne correspondent plus toujours aux attentes ni aux besoins réels de l&rsquo;enfant confié — ni parfois à ceux de la famille qui le reçoit. L&rsquo;enfant peut alors subir les conséquences de cet écart dès son arrivée, sans qu&rsquo;aucun événement déclencheur ultérieur ne soit nécessaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cette double lecture — les moments de bascule identifiables, et la dégradation parfois déjà à l&rsquo;œuvre dans le confiage lui-même — qui a donné naissance au Réseau EnfanceAfrique.org : la certitude que la recherche scientifique la plus rigoureuse peut, et doit, se traduire en leviers d&rsquo;action concrets pour les communautés qu&rsquo;elle étudie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Réseau ne s&rsquo;arrête d&rsquo;ailleurs plus au seul confiage. Les mêmes mécanismes traditionnels qui régulent les tensions familiales autour d&rsquo;un enfant confié permettent, une fois mobilisés, d&rsquo;apaiser un conflit foncier ou une tension intercommunautaire. C&rsquo;est tout l&rsquo;enjeu de la médiation traditionnelle que nous développons aujourd&rsquo;hui à travers le Réseau, en partenariat avec les Autorités et Légitimités Traditionnelles de plusieurs pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comprendre une société avant de vouloir la transformer : c&rsquo;est une évidence trop souvent oubliée dans les politiques de développement. C&rsquo;est pourtant la seule voie vers des solutions qui durent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En savoir plus sur nos travaux : enfanceafrique.org</p>



<h1 class="wp-block-heading">Ethnologie #ProtectionDeLEnfance #AfriqueDeLOuest #RechercheAction #Mali</h1>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le confiage d&#8217;enfants au Mali : ce que révèlent 8 années de recherche de terrain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Drahmane Fondo]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 22:41:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques de terrain]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les rues de Bamako, à la sortie des marchés de Tombouctou ou sous l&#8217;arbre à palabres de Ségou, une réalité traverse silencieusement la société malienne depuis des générations : le confiage d&#8217;enfants. Cette pratique, profondément ancrée dans les systèmes familiaux ouest-africains, reste pourtant l&#8217;un des phénomènes les moins documentés par les institutions chargées de [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Dans les rues de Bamako, à la sortie des marchés de Tombouctou ou sous l&rsquo;arbre à palabres de Ségou, une réalité traverse silencieusement la société malienne depuis des générations : le confiage d&rsquo;enfants. Cette pratique, profondément ancrée dans les systèmes familiaux ouest-africains, reste pourtant l&rsquo;un des phénomènes les moins documentés par les institutions chargées de la protection de l&rsquo;enfance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce constat qui a guidé huit années de recherche ethnographique de terrain, menées entre le Mali et plusieurs pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, et qui fondent aujourd&rsquo;hui la mission du Réseau EnfanceAfrique.org.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une pratique culturelle entre solidarité et vulnérabilité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le confiage d&rsquo;enfants n&rsquo;est pas, en soi, une pratique problématique. Depuis des siècles, il organise la solidarité familiale élargie : un enfant confié à un oncle, une tante ou un parent éloigné peut bénéficier d&rsquo;un accès à l&rsquo;éducation, d&rsquo;un apprentissage professionnel, ou simplement d&rsquo;un soutien que sa famille d&rsquo;origine ne pouvait lui offrir. Dans de nombreux cas documentés sur le terrain, à Ségou comme à Tombouctou, le confiage reste un mécanisme de protection et de redistribution des ressources entre familles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette même pratique, lorsqu&rsquo;elle se déploie hors de tout cadre protecteur, peut aussi devenir le point de bascule vers des situations de grande vulnérabilité. Nos enquêtes de terrain ont permis de documenter des trajectoires d&rsquo;enfants confiés sans aucune garantie de scolarisation, de rémunération ou de protection — des filles aides ménagères privées d&rsquo;école dès leur plus jeune âge, des garçons confiés à des maîtres coraniques se retrouvant en situation de mendicité dans les rues de Bamako, ou encore des enfants déplacés par les crises sécuritaires du Nord, confiés dans l&rsquo;urgence sans aucun filet de sécurité institutionnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un angle mort des politiques de protection de l&rsquo;enfance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe, après huit années d&rsquo;observation participante, d&rsquo;entretiens approfondis et de recueil de récits de vie, c&rsquo;est l&rsquo;absence quasi totale d&rsquo;étude systématique sur ce phénomène par les acteurs institutionnels — qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de l&rsquo;État, des organisations non gouvernementales ou des agences internationales. Le confiage est souvent mentionné en passant, comme une variable parmi d&rsquo;autres dans l&rsquo;analyse des enfants de la rue ou du travail des enfants, mais rarement étudié pour lui-même, dans sa complexité culturelle et sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette lacune a une conséquence concrète : les programmes de protection de l&rsquo;enfance, conçus sans une compréhension fine des logiques du confiage, peinent à proposer des réponses adaptées aux réalités locales. Une approche uniquement juridique ou strictement humanitaire, qui ignorerait les dynamiques culturelles à l&rsquo;œuvre, risque soit de rester sans effet, soit de fragiliser des mécanismes de solidarité qui, bien encadrés, protègent réellement les enfants.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une approche fondée sur la connaissance du terrain</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément cet espace que le Réseau EnfanceAfrique.org entend occuper. Notre conviction, fondée sur huit années de travail scientifique rigoureux, est que la connaissance approfondie des réalités culturelles constitue le premier outil du changement social au service de l&rsquo;enfance. Comprendre pourquoi une famille confie un enfant, dans quelles conditions, avec quelles attentes de part et d&rsquo;autre, permet de construire des réponses qui ne s&rsquo;opposent pas aux pratiques locales mais qui les transforment de l&rsquo;intérieur — en s&rsquo;appuyant notamment sur les Autorités et Légitimités Traditionnelles, premiers témoins et souvent premiers réguladeurs de ces situations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Réseau poursuit aujourd&rsquo;hui ce travail de documentation, en intégrant désormais une dimension nutritionnelle essentielle : de nombreux enfants confiés dans des conditions précaires présentent des signes de vulnérabilité alimentaire qui restent, eux aussi, largement invisibles dans les statistiques officielles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Documenter pour mieux protéger</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce travail de recherche n&rsquo;a de sens que s&rsquo;il débouche sur l&rsquo;action. C&rsquo;est pourquoi le Réseau EnfanceAfrique.org accompagne aujourd&rsquo;hui les organisations, institutions et collectivités qui souhaitent mieux comprendre ces réalités pour mieux y répondre — par l&rsquo;évaluation de programmes, la formation des acteurs de terrain, ou l&rsquo;appui à l&rsquo;élaboration de politiques publiques véritablement ancrées dans les pratiques culturelles ouest-africaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour échanger sur ces travaux ou explorer une collaboration, contactez-nous à <a href="mailto:contact@enfanceafrique.org">contact@enfanceafrique.org</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img width="303" height="398"  alt="" class="wp-image-765" style="aspect-ratio:0.5624933241779202;width:327px;height:auto"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/07/Enfant-et-circulation-Bamako.png" srcset="https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/07/Enfant-et-circulation-Bamako.png 303w, https://enfanceafrique.org/wp-content/uploads/2026/07/Enfant-et-circulation-Bamako-228x300.png 228w" sizes="(max-width: 303px) 100vw, 303px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Enfants talibés en situation de mendicité dans la circulation de Bamako. Exposés aux dangers de la rue, privés de scolarisation, ces enfants illustrent la frontière fragile entre transmission religieuse traditionnelle et exploitation — une vulnérabilité encore largement absente des politiques de protection de l&rsquo;enfance.</p>
<p>The post <a href="https://enfanceafrique.org/le-confiage-denfants-au-mali-ce-que-revelent-8-annees-de-recherche-de-terrain/">Le confiage d&rsquo;enfants au Mali : ce que révèlent 8 années de recherche de terrain</a> appeared first on <a href="https://enfanceafrique.org">Réseau Enfance Afrique</a>.</p>
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